Salle à manger de la Villa Folio (Hell-Bourg) : chayottes,
citrouilles, patates douces et curcuma.
Petit carnet
de voyage...
L'Hermitage
Le secteur est très zoreille - donc touristique.
Rien à voir, toutefois, avec la côte d'Azur : l'ambiance reste bon
enfant. Le week-end, la plage est prise d'assaut par les familles,
installant qui une table, qui une tente, qui un hamac à l'ombre des
filaos.

Le jour de notre arrivée à la Réunion, en attendant que notre
studio soit prêt (on ne remerciera jamais assez Nouvelles
Frontières qui nous fait atterrir à 8H et libère la chambre à
14...), nous avons tué le temps au Bénitier Plage,
qui ferme avec le coucher du soleil. Les fauteuils, posés face à
l'océan, sont si bas qu'on craint de ne plus pouvoir se relever.
Quant au service, il est sans chichi (en période d'affluence,
on vous invitera à aller chercher vous-même votre cône glacé dans
le congélo). Pour nous remettre de nos 11H de vol, nous avons
commandé une "assiette créole" (photo), plutôt
généreuse : boudin antillais, bouchons, bonbons piment, nems,
acras, samossas et achards bien pimentés ; tout ça pour une
dizaine d'euros, ce qui est très correct quand on connaît les prix
pratiqués à la Réunion. Nous y retournerons d'ailleurs le jour de
notre départ pour déguster une salade (merveilleux ananas frais !)
et quelques créolités.

Plus décontracté encore, le Copacabana (!) et ses
chaises longues plantées dans le sable : allez-y pour l'ambiance,
car le chocolat chaud est infâme et les cocktails arrachent la
bouche.
Plus recommandable est le Coco Beach, un
établissement polyvalent : salon de thé,
bar-tapas, resto de poissons
etc. Le service est très pro, la carte branchouille, le
cadre enchanteur. Coup de foudre pour les cocktails de fruits frais
et les coupes de glace (la coupe Coco Beach au Malibu est
inoubliable - photo) - mais coup de bambou pour les
prix...

Juste à côté se dresse La Bobine, restaurant
à l'apparence moins tapageuse, certes, mais d'un charme inouï :
dîner dans l'une de ces petites cabanes rondes suspendues au-dessus
de l'océan est une expérience à vivre ! Certes, les plats de
poisson ne sont pas donnés (compter une trentaine d'euros), mais
les prix sont justifiés : produits frais cuits à la perfection
(espadon, légine australe, camaron - photo), sauces
inventives (ananas-vanille !), quoique pléthoriques (on ne sait
plus quoi saucer...) et présentation extrêmement soignée (même
un pauvre rougail saucisses a soudain de l'allure !) Notre meilleur
souvenir culinaire de la quinzaine, incontestablement !

Très réputée, la pittoresque Marmite
(photo) nous a déçus. Les créolités sont grasses et
quelconques (quoique maison). Excellents cocktails, crudités
irréprochables et cari succulents proposés avec un
remarquable choix de rougails... Seulement, nous sommes tous
les deux ressortis de là au bord du malaise, la respiration
oppressée. Pourtant, nous n'avons pas eu - ni l'un, ni l'autre - le
sentiment de manger plus que de raison... alors ? Mystère...
Saint-Gilles
Pour des samossas exceptionnels,
direction Chez Loulou (photo) :
fromage, sarcive, crabe etc., vous avez l'embarras
du choix (à condition de venir en
matinée) ! Les autres spécialités méritent qu'on s'y attarde :
bouchons frits au combava, "pinces" de crabe, crabes farcis
etc. Quant aux desserts, si nous ne les avons pas testés, ils
n'avaient pas l'air mal non plus !
Avec sa vitrine rutilante,
La Case à Pains (photo) vaut le détour :
voici une merveilleuse boulangerie-pâtisserie "métro" ! Pain
traditionnel délicieux, sandwichs très frais et religieuse au
chocolat... à se damner. Nous y sommes plusieurs fois acheter de
quoi tartiner notre petit Takamaka (un rafraîchissant
fromage de chèvre).
Situé juste en face, la supérette Score fait grise
mine. Les prix y sont prohitifs, même pour les produits
noulafé. On y trouve des épices et légumes
"pays" (patates douces blanches, mandarines vertes, pleurotes
etc.), des yaourts "Piton des neiges", du riz "Le Forban", des
"bonbons poisson" (biscuits au beurre en forme de beurre), des
caris en barquettes (trop salés et trop épicé
s), du chou palmiste émincé, toutes
sortes d'achards etc.
Si vous avez de la chance, vous pourrez ramasser sur le trottoir
une grenade jaune tombée d'un arbre (photo)...
Saint-Denis
Dès notre arrivée, nous tombons sur une cantine appelée
L'Îlôt Saveurs. La terrasse couverte, à l'étage,
est très agréable. Les plats proposés sont peu coûteux et
franchement bons. Dommage que la monnaie nous ait été mal
rendue...
Au petit
marché,
nous avons acheté une barquette de
"framboises pays", dont le goût évoque celui de la groseille. Le
vendeur nous a également offert un "évy", un petit fruit à la
peau épaisse et à la chair filandreuse qui est utilisé dans les
rougails (photo). Sa saveur - acidulée - est celle d'une
pomme très verte.
Saint-Pierre
Après une randonnée sur le sentier des
Tamarins, nous avons fait escale au Snack
Océan, un camion-plage, pour goûter un met fameux : le
pain bouchon gratiné (photo). Il s'agit d'une
demi-baguette de pain blanc garnie de bouchons (ravioles
vapeur très proches des "bouchées au porc" que l'on trouve chez les
traiteurs chinois). Dans sa version américaine (l'américain
bouchon), la garniture s'enrichit de quelques frites et -
éventuellement - d'une tranche de jambon blanc. L'ensemble est
alors relevé de sauce. Au choix : piment, sive (soja),
mayonnaise, ketchup. Puis le sandwich est recouvert de fromage et
mis à gratiner. Ce n'est assurément pas très raffiné ni très
diététique - mais difficile de résister à une tuerie pareille !
Nous succomberons de nouveau à Hell-Bourg...
Au marché couvert, nous achetons du sirop de
benjouin - savez-vous que c'est délicieux ? - et des gousses de
vanille.
Saint-Paul
Après une matinée au marché de
Saint-Paul (photo), un des plus beaux marchés que
nous ayons jamais visités, plein de légumes inconnus et d'odeurs
entêtantes (la vanille !), nous déjeunons au
Sully, un autre self-service à prix doux : au
menu, des plats créoles et chinois, servis dans des assiettes
compartimentées : un compartiment viande, un (gros)
compartiment féculent (grains, riz), un compartiment crudités. Beau
choix de desserts et de salades. Bref, très recommandable
!
Cilaos
Au marché couvert
de Cilaos (photo), étonnamment vide et silencieux,
nous avons acheté un sachet de caloupilé, une bouteille de
vin rouge et un sac de lentilles - les meilleures du monde ?
Peut-être... mais à 7 euros les 500 gr, il faudra apprendre à
modérer son enthousiasme. Pour un repas sur le pouce avec vue sur
le plan d'eau, on ne saurait que recommander le
charmant Cass-dalle. Les prix sont
imbattables !
Cap Méchant
Nous avons déjeuné dans un
restaurant sans prétention, l'Etoile de mer, qui
sert un gratin de palmiste mémorable (photo), moult
spécialités à base de vacoa, et un surprenant
cari de poissons rouges ! Dommage que le rougail
saucisses ne soit pas à la hauteur et qu'il faille chipoter son
porc aux palmistes pour ôter les morceaux de gras. Si vous vous
promenez dans les environs, attention à l'illuminée qui rôde le
long de l'océan !
En route vers le Grand
Etang
Zébulon s'est arrêté en chemin
pour acheter des kumquats (photo). La vendeuse lui a dit
qu'ils venaient de Petite France. Après avoir marché plus
d'une heure dans la boue et les fougères, nous les avons dégustés,
assis sur les rochers, au bord de la cascade du bras d'Annette. Ces
kumquats étaient si doux, si mûrs, si sucrés qu'il m'a semblé
qu'ils pétillaient dans ma bouche comme des bonbons...
Pointe de la table, dans le Sud
Sauvage
Chaleur écrasante... je m'arrête... le
petit chemin serpente vers l'océan... à mes pieds, un goyavier,
éventré (photo).
Il a roulé au sol, entre les cailloux.
Je le ramasse. Il est mou, gros, allongé comme une
quetsche.
Je le presse entre mes doigts, j'écarte les bords de la plaie... et
la pulpe blanche, nacrée, saille entre la peau cramoisie. Du jus
coule.
Je lèche... explosion de parfums... miracle...
Les goyaviers ne s'exportent pas. A peine se transportent-ils
jusqu'aux marchés locaux, cueillis à même l'arbre, encore
aigres.
Goûterai-je à nouveau un plaisir si fragile dans ma vie
?


























Commentaires