La kitchenette
parisienne (je sais, c'est un truisme) permet de distinguer le
marmiton velléitaire du maître-queux téméraire : en effet, la
kitchenette parisienne semble avoir été conçue pour vous décourager
de cuisiner. Seuls les plus motivés résisteront aux sirènes du
traiteur chinois d'en face.

A l'attention des néophytes, rappellons à quels détails il est
possible de reconnaître une kitchenette parisienne :
- premièrement à sa forme : la kitchenette parisienne adopte généralement
l'apparence d'une espèce de couloir tronqué. Mais il existe
d'autres modèles : le modèle "carré", le modèle "tarabiscoté",
avec des murs de traviole et des angles impossibles à meubler,
et enfin le modèle à l'"américaine", permettant aux relents de
tambouille et de poubelle de se diffuser dans les moindres
recoins de votre studette co-louée - avantage non négligeable si
vous souhaitez vous lancer dans l'élevage de cafards.
- deuxièmement à
ses dimensions : celles-ci n'excèdent jamais
celles d'un placard à balais. Tout est à portée de main...
enfin, surtout de coude, puisqu'il est impossible d'émincer une
tomate sans se cogner contre la cloison.
-
troisièmement à son degré d'ensoleillement : quand la
kitchenette est munie d'une fenêtrette ou d'une meurtrière (ce qui
est un privilège assez rare pour être signalé), la vue donne
systématiquement sur un mur lépreux et/ou une petite cour
fétide servant d'entrepôt aux poubelles de l'immeuble.
- quatrièmement à ses rangements : faute d'espace au sol, placards
et étagères sont toujours placés en hauteur, hors
d'atteinte, rendant nécessaires de fastidieuses acrobaties pour
atteindre votre bidon d'huile de friture de 3 litres ou le
service à desserts de Mémé ; par conséquent, cuisiner dans une
kitchenette parisienne est réservé aux cascadeurs émérites : si
vous ne vous foulez pas la cheville en redescendant de votre
tabouret branlant, vous êtes néanmoins assuré, un jour de
distraction, de vous fracasser le crâne contre la porte du
placard.
- cinquièmement à la qualité de ses équipements : la kitchenette
parisienne est équipée d'un évier mono-mini-bac (dont le robinet,
la bonde et le siphon fuient) ; d'une paire de plaques
chauffantes discount (avec deux réglages de cuisson : cru
ou carbonisé) ; d'un réfrigérateur aussi minuscule
que bruyant, qui affiche - grâce à ses joints moisis - une
température intérieure de 15 °C ; d'une hotte aspirante
bien graisseuse et systématiquement en panne ; et de... rien
de plus. C'est d'ailleurs ce qui distingue la kitchenette
parisienne de son homologue de province : il n'y a pas de place
pour un micro-ondes.
Mais
bon... tant qu'on n'en est pas réduit à louer le placard sous
l'évier, on ne va pas se plaindre...
CUISINER DANS DES CONDITIONS EXTREMES : LA KITCHENETTE PARISIENNE (BILLETS D'HUMEUR) posté le mercredi 03 mars 2010 23:59
POULET A LA BIERE ET A LA MOUTARDE (RECETTES DU QUOTIDIEN) posté le mercredi 03 mars 2010 21:44
Irrésistible... et
impossible à rater.
Pour deux personnes :
- 2 cuisses de poulet fermier
- 12,5 cl de bière blonde
- 5 cl de crème liquide
- 1/2 cube de bouillon de volaille délayé dans 7 cl d'eau
chaude
- 25 gr de beurre doux
- 1 cuillère à soupe d'huile de pépins de raisins
- 25 gr d'échalotes hachées
- 25 gr de moutarde à l'ancienne (Edmond Fallet)
- poivre blanc (de Sarawak)
- 50 gr de farine
Couper les cuisses de poulet en deux. Rouler dans la
farine puis tapoter pour ôter l'excédent. Faire dorer le
poulet à la poêle dans une cuillère à soupe d'huile.
Jeter le gras rendu par le poulet. Ajouter dans la poêle les
échalotes et la moutarde. Poivrer. Déglacer avec la bière et le
bouillon de volaille. Laisser mijoter 20 mn à couvert.
Ôter les morceaux de poulet de la poêle. Faire réduire la sauce de
moitié. Incorporer le beurre en fouettant. Ajouter la crème, puis
les morceaux de poulet. Réchauffer 1 mn, à feu doux.
Servir bien chaud, accompagné de tagliatelles fraîches (l'idéal
étant de les réaliser soi-même avec 100 gr de farine de blé
dur extra-fine et un oeuf).
GRATIN DE CRISTOPHINES (CHARMES D'OUTREMER) posté le mardi 02 mars 2010 12:40
Pendant longtemps, mon mari m'a parlé du délicieux gratin de cristophines qu'il avait mangé dans son enfance... Faute de trouver lesdites cristophines, je n'avais jamais pu réaliser ce classique de la cuisine réunionnaise. Grâce à Tang, voici l'injustice réparée !
Pour deux personnes
:
- 2 cristophines (chayottes) jaunes
- 1 oignon
- 3 cives
- 1 gousse d'ail
- 1 brin de persil frisé
- 25 gr de beurre doux
- 50 gr de poitrine fumée
- 1/2 verre de lait
- 1 cuillère à soupe de farine
- 100 gr de fromage râpé
- 2 cuillères à soupe de chapelure
- 1 râpée de muscade
- sel
Couper les cristophines en 4 et ôter le noyau. Faire
cuire dans une grande quantité d'eau bouillante salée pendant
une vingtaine de minutes, jusqu'à ce que la pointe du couteau
s'enfonce aisément dans la chair. Egoutter.

Prélever la chair en ôtant la peau et les parties membraneuses des
cristophines. Ecraser avec un presse-purée jusqu'à obtenir une
purée très fine. Mettre cette purée dans un torchon propre et
essorer vigoureusement : il ne doit plus rester d'eau !

Eplucher et hacher finement ail, cives et oignons. Hacher le
persil. Débiter la poitrine fumée en petits lardons. Faire fondre
le beurre dans une poêle. Y mettre à dorer ail,
cives, oignons, persil et lardons.

Lorsque tout est bien doré, ajouter le lait, puis, petit à petit, tout en
remuant, la farine délayée dans un peu d'eau : le lait va épaissir
et se transformer en béchamel. Relever d'une râpée de muscade.
Incorporer la purée de cristophines puis la moitié du fromage.
Laisser mijoter 3 mn.
Remplir un petit plat à gratin avec ce mélange, saupoudrer de
chapelure puis du reste de fromage râpé. Faire gratiner au
four.
CHOCOLAT AU LAIT ET SA CHANTILLY A L'ORANGE ET A LA CARDAMOME (PLATS D'EXCEPTION) posté le mardi 02 mars 2010 19:55
Cela
faisait une éternité que je lorgnais sur cette sublime boisson
créée par H. Pouget, chef-pâtissier du restaurant Guy Savoy
(Paris). Ce soir, j'ai enfin trouvé le courage de me
lancer...
Pour deux tasses :
- 87 gr d'un bon chocolat au lait (je recommande le "Grand
lait 45%" de Michel Cluizel)
- 1 orange non traitée
- 2 gousses de cardamome verte
- 12,5 cl de lait entier
- 17,5 cl de crème fraîche liquide très froide
- 5 gr de sucre en poudre
Placer une jatte pendant 15 mn au congélateur.
Fendre les gousses de cardamome, prélever les petites graines
noires, placer dans un mortier et réduire en fine
poudre.
A l'aide d'un zesteur, prélever le zeste sur les 3/4 de la surface
de l'orange. Hacher très finement.
Amener le lait entier et 7,5 cl de crème à ébullition. Ôter du feu
et ajouter les 2/3 du zeste d'orange. Remuer, couvrir et laisser
infuser pendant 15 mn.
Au fouet électrique, monter 10 cl de crème en chantilly dans la
jatte glacée en incorporant peu à peu le sucre, le zeste d'orange
restant et la cardamome en poudre. Réserver au froid. Avec un
couteau-scie, hacher finement le chocolat au lait.
Ajouter le chocolat haché dans la casserole contenant le mélange
lait-crème. Remuer vivement avec un fouet, puis replacer sur le
feu. Faire cuire à feu doux pendant 5 mn tout en remuant. Filtrer
au chinois.
Verser le chocolat dans de jolies tasses (attention à ne pas trop
les remplir) ; garnir le dessus de chaque tasse d'une grosse
cuillère à soupe de chantilly.
LE THIEP BOU DIEN D'ELISABETH (PARFUMS D'AFRIQUE) posté le dimanche 28 février 2010 16:59
J'avoue ne pas connaître grand'
chose à la cuisine sénégalaise, beaucoup moins "tendance", il est
vrai, que la cuisine marocaine. C'est donc avec la plus grande
curiosité que j'ai écouté les explications d'Elisabeth concernant
le Thiep Bou Dien ("riz et poisson"), un plat traditionnel
qui tient à fois de la paella (le riz est cuit dans un
bouillon épicé et associé à du poisson) et du couscous (en
raison de la présence de légumes bouillis). C'est varié, roboratif
et tout à fait équilibré.
Pour les néophytes, voici un petit rappel sur les principaux
ingrédients utilisés dans la cuisine sénégalaise :
http://cuisinemetisse.canalblog.com/archives/2008/11/23/11386411.html
Pour faire un Thiep Bou Dien, il importe d'abord de
réaliser un bouillon de légumes - en adaptant la quantité au
nombre d'invités (pour information, la marmite en aluminium
d'Elisabeth a une contenance de 5 litres !!!) Vous ne
trouverez dans la recette ci-dessous ni proportions exactes, ni
temps de cuisson déterminé - tout est à faire au "jugé". Ceci
s'adresse donc aux cuisinières expérimentées !!!

Dans une quantité généreuse d'huile végétale, faire revenir
quelques oignons épluchés et coupés en cubes avant de verser une
grande quantité d'eau.
Relever ce bouillon avec :
- du concentré de tomates
- des Kub Or (Maggi)
- des cubes Jumbo (un bouillon-cube très utilisé en
Afrique)
Elisabeth prend soin d'émietter les cubes avant de les utiliser;
elle utilise pour cela un pilon en bois.

Ajouter ensuite un assortiment de légumes comprenant :
- 2 grosses aubergines
violettes fendues en deux
- 2 aubergines africaines (diakhatou en
wolof) à la saveur amère
- 5 carottes pelées
- 1 racine de manioc épluchée et coupée en morceaux
- 2 navets épluchés
- 1 chou blanc coupé en quatre
- quelques gombos (qui vont donner du goût et de la
consistance à la sauce)
- quelques piments
antillais
Laisser mijoter. Lorsque que les légumes sont cuits (utiliser la
pointe d'un couteau pour s'en assurer), retirez-les de la marmite
(à l'exception des oignons, des piments et des gombos) et réservez
sur un plat (vous pouvez les recouvrir d'une feuille
d'aluminium).


Plonger dans le bouillon de légumes un beau
capitaine écaillé et coupé en darnes. Lorsque que le
poisson est cuit, ôtez-le délicatement de la marmite avec une
passoire. Poser sur un plat, ôter les arrêtes et recouvrir
d'une feuille d'aluminium. Laisser encore mijoter le
bouillon.

Puiser quelques louches de bouillon pour confectionner la
sauce : dans un gros bol, délayer un bon morceau de pâte de
tamarin (à acheter dans une épicerie exotique) avec du bouillon.
Rectifier éventuellement l'assaisonnement.
Laver deux fois à
l'eau froide et précuire au micro-ondes une cabasse (saladier) de
riz "cassé" - un riz grossièrement concassé utilisé dans la cuisine
chinoise et africaine (à acheter dans une épicerie exotique). S'il
reste encore beaucoup de bouillon dans la marmite, en retirer une
partie. Verser le riz dans la marmite.

Remuer soigneusement, couvrir et laisser cuire en remuant de temps
à autre jusqu'à ce que le riz ait absorbé tout le liquide (le
principe est similaire à celui de la paella).
Tapisser de riz de grands saladiers en bambous, puis disposer
harmonieusement légumes et darnes de capitaine. Verser une
bonne rasade de sauce. Planter des cuillères dans le riz pour
que chacun puisse se servir en même temps : convivialité assurée
!

On peut aussi ajouter à ce plat du poisson et des crustacés séchés
; Elisabeth m'a montré ceux qu'elle avait ramenés du Sénégal (et
qu'elle conserve dans de l'aluminium sur son balcon, à cause de
l'odeur), mais il est aussi possible d'en trouver en
France.... à des prix rédhibitoires ! Elisabeth m'a
conseillé de m'approvisionner au marché de
Saint-Denis.
Je précise, pour les curieux, qu'en
entrée, nous avons eu droit à des amuse-bouches copieux :
acras, briks à la brandade de morue, petits nems frits au poisson
et les fameux fatayas (raviolis frits) au boeuf
(auxquels personne ne saurait résister et dont je compte vous
donner la recette tantôt).

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